Point de bascule

© Olivier Desmet

Le point de bascule

que nous observons était inévitable. Ne cédons pas à la stupéfaction.

Le point de bascule que nous observons aujourd’hui, s’il n’était pas possible de prévoir quand il allait advenir, était néanmoins inévitable. Nous savons que l’extrême droite prépare le terrain de son ascension depuis des années. Nous savons que leurs polémistes professionnel·les sont poussé·es par des médias détenus par des fascistes ultra-riches. Nous savons que leur réseaux est international, soudé, solide. Et eux, savent que la division de la gauche leur est grandement profitable.

Les fascistes sont les seul·es à porter une idéologie qui peut mener à la mort de leurs propres membres.

La justice pénale telle que nous la connaissons alimente aujourd’hui la volonté d’attribuer des responsabilités à des auteur·es de violences dans le but de les punir. Pourtant, lorsqu’on s’intéresse un peu au sujet, on peut voir sans chercher bien loin que les responsabilités individuelles et collectives ne devraient jamais être détachées de leur contexte. Quand des antifascistes portent des coups, iels ne sont pas guidé·es par une idéologie qui vise expressément à faire mal ni à tuer. Quand des fascistes portent des coups, c’est explicitement dans le but de blesser et de tuer.

Aujourd’hui, un fasciste est mort de la violence que lui et son camp sont les seuls à prôner.

Tout comme Charlie Kirk est mort d’une balle dans un contexte où il défendait lui-même ardument le second amendement de la constitution états-unienne.

À force de prôner des idéologies haineuses, à force de menaces de mort, à force de descendre dans les rues armé·es, à force de cibler les musulman·es, les pédé·es, les trans, il est évident que la seule chose à laquelle peut mener une idéologie de la haine et de la mort est bien la mort elle-même. La mort d’un militant fasciste dans le cadre d’une action fasciste est une des nombreuses conséquences terribles du fascisme. Le fascisme est prêt à sacrifier ses propres membres au bénéfice de l’idéologie et de l’agenda politique.

Quand la responsabilité pénale retombera sur les antifascistes, il nous faudra les soutenir, sans oublier que la responsabilité politique de la mort d’un fasciste revient aux fascistes elleux-mêmes.

Si le système pénal cherche à punir les antifascistes qui ont porté les coups, nous devons nous rappeler que les fascistes sont les seul·es responsables des conséquences de leurs propres actions. Il nous faudra soutenir les antifas qui tomberont lorsqu’iels seront perquisitionné·es, arrêté·es, enfermé·es.

Quand les antifascistes seront au front et à la résistance, nous nous souviendrons de celleux qui nous ont pointé du doigt sans reconnaître l’immense responsabilité de l’extrême droite.

L’heure n’est plus à la bonne morale du « personne ne devrait mourir pour ses idées ». L’histoire se souviendra de celleux qui auront condamné les antifas avant de s’apercevoir qu’iels seront les premier·es au front, à la résistance, quand la menace fasciste aura pris le pouvoir partout. Le fascisme étant l’antithèse de la démocratie, ses militant·es ne peuvent être considéré·es sur le même plan politique que celleux qui se battent pour une société diversifiée et égalitaire.

Les antifascistes se battent pour la vie. Les fachos pour la mort. Ni hommage ni larmes pour celleux qui menacent la démocratie, la diversité, les minorités.

Les antifascistes ne souhaitent la mort de personne. Les fascistes souhaitent la mort de beaucoup de catégories de la population. C’est pourquoi nous ne rendons pas hommage ni ne pleurons la mort de quelqu’un qui veut lui-même la mort de nos semblables.

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