Je ne comprends pas trop

© Olivier Desmet

Je ne comprends pas trop

ce qui est en train de se passer. 

Je comprends les enjeux, je comprends la gravité de la situation. Je ne comprends pas comment le monde continue de tourner.

Pourquoi tout ne s’arrête pas ?

Stop. On a merdé. Marche arrière.

Mais tout tourne, encore. Toutouille dans ma tête et mon corps.

Que faire ? Je ne sais pas. On a déjà essayé des choses, ensemble. Que faire, à présent ? Comment militer à gauche quand notre militantisme est instrumentalisé pour remplir les urnes des droites ?

QUE FAIRE ? 

C’est une honnête question.

Nous sommes montré·es du doigt quand nous répondons avec violence à la violence subie. Nous sommes montré·es du doigt quand nous expliquons avec pédagogie. 

Extrémistes, propagandistes, wokistes, islamo-gauchistes. Féministes. Antiracistes.

Les mots auxquels nous accordons tant de valeurs nous sont retirés de la bouche pour en faire des insultes. Recréant un problème à partir de nos recherches de solution. 

Nos identités exprimées créent du conflit, disent-iels.

Notre communautarisme est pris pour cible. Sans voir que nos communautés ne sont nécessaires que parce que nos vies sont menacées. 

Voter n’est pas un jeu. La politique n’est pas un jeu. Des vies sont à prendre en compte. Comment on en arrive à un point où une vie humaine est une question à débattre ? 

Tout est pris à la légère. Les droites montent en force et les médias traditionnels invitent des hommes blancs de plus de 40 ans à en discuter. Comme si c’était discutable. Comme si discuter était ce dont nous avions besoin. Comme si on pouvait parler de la vie des personnes minorisées, directement atteintes par la montée des droites, comme on parle de la météo. 

Comme si on pouvait encore parler de la météo, comme on parle de la météo. 

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NB : J’ai le seum. Et la boule au ventre. Et envie de gerber, de chialer. Comment on en arrive à un moment où notre pire cauchemar se réalise ? Comment n’avons-nous pas pu nous organiser pour que l’histoire ne se répète pas ? Comment notre militantisme n’a-t-il pas suffit ? Voire même, a été utilisé contre nous ? Comment célébrer quelques sièges quand l’extrême droite en a autant dans TOUS les parlements ? Comment les partis de gauche n’ont-ils pas pu s’organiser pour bloquer concrètement l’extrême droite ? Les électeurices de gauche ont voté un peu pour tous les partis de gauche. Partis qui ne s’entendent pas. Les électeurices de droite ont voté MR, NVA, VLAAMS F* BELANG. En force. En union. C’est effarant comme c’était une montée à la fois prévisible et silencieuse. Ce silence est mortel, surtout au lendemain des élections, où on parle de cette montée comme s’il s’agissait d’un événement normal dans une démocratie.

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Texte publié sur Instagram le 10 juin 2024.

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