On a touxtes besoin d'un Saxha

Saxha's socks

On a touxtes besoin d’un Saxha

Saxha c’est quelqu’un qui fait chier. C’est quelqu’un qui hausse le ton. C’est quelqu’un qui parle avec émotion. C’est quelqu’un qui a toujours raison. En bref, c’est quelqu’un que beaucoup de gens n’apprécient pas.

Saxha c’est quelqu’un de détruit par le système patriarcal et incestueux. C’est quelqu’un qui a reçu tellement de coups de couteaux qu’il a dû encrer son corps de la tête aux pieds pour ne pas qu’il termine en lambeaux. C’est quelqu’un de traumatisé. C’est quelqu’un que beaucoup d’entre nous ne comprennent pas. 

Saxha c’est quelqu’un d’extrêmement résilient. C’est quelqu’un que tu croises et tu te demandes comment il est encore debout. C’est quelqu’un qui se bat. C’est quelqu’un qui ne laisse pas tomber. C’est quelqu’un qui a la hargne. Et ça fait chier beaucoup d’entre nous, quelqu’un qui a autant la hargne que lui. 

Saxha c’est la personne dont on a besoin pour ne pas se conforter dans nos positions militantes. C’est quelqu’un qui va mettre le doigt là où ça pique. Parfois, en haussant la voix. Parfois, en pleurant. Souvent, en ayant les joues qui rougissent, la voix qui tremble. Souvent, d’une manière qui n’est pas tout à fait juste. Parce qu’il peut s’exprimer de manière blessante, malgré lui, malgré le fait d’avoir vécu lui-même la violence des mots. 

Saxha, il n’est pas juste. Il n’est pas safe. Pas tout à fait. Pas avec tout le monde. Mais qui l’est ? 

Saxha, c’est quelqu’un dont on a besoin pour se rendre compte qu’on a touxtes des limites. Et qu’on a touxtes vécu des violences. Et qu’on en reproduit touxtes. C’est quelqu’un qui nous oblige à nous renvoyer à nous-mêmes, parce que quand il parle, il nous touche. Il nous emmerde. Il nous stimule. Il nous questionne. Il pique, il pique. Toujours. Il crée de l’inconfort. 

Et c’est parce qu’il crée cet inconfort qu’on a besoin de lui. 

Il est là pour nous rappeler nos contradictions. Il ne pourrait pas le faire avec bienveillance parce que Saxha, il manque cruellement de tact et d’empathie. Il est cash. Il est sans concession. Il est radical. Et même s’il le voulait, être bienveillant – et il l’est, juste pas avec tout le monde, il ne le pourrait pas vraiment, parce que Saxha il est sur ce spectre qu’on est beaucoup de personnes queer à connaître mais dont on est peu à accepter les conséquences. Comme si on était ok avec le fait que les gens soient autistes mais seulement quand iels ferment leur gueule. 

Saxha c’est un autiste qui l’ouvre. Et il fait chier, putain. 

Mais ça fait du bien. 

Parce qu’avec Saxha, on apprend. Et quand on a la patience de devenir quelqu’un·e avec lui, il apprend de nous aussi. Il écoute. Et il travaille. 

Saxha est précieux. On en a besoin pour naviguer l’inconfort de nos positions et de nos identités. Il nous traverse. Et c’est aussi énervant que merveilleux.

Prenez soin de Saxha. Ce qu’il fait pour et avec nous, même maladroitement, il le fait avec conviction. Et il le fait par amour. 

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